Voila un sujet de saison, pensez-vous. Et vous avez bien raison. Le lundi de Pâques c'est demain et le mois de mai c'est bientôt. Il est donc grand temps de se pencher sur le phénomène. 

Déjà, un jour férie, qu'est-ce que c'est ? 

Un jour férié, déjà ça aurait pu s'appeler un jour fermé. A une lettre près, moi je dis que le sens était vachement plus clair. Mais bon, officiellement, un jour férié est un jour de fête civile ou religieuse ou commémorant un événement. Un jour férié n'est pas obligatoirement un jour chômé mais, disons les choses telles qu'elles sont, un jour férié pas chômé, c'est un peu comme du Coca sans bulles: ça perd tout son attrait. Donc, au-delà de cette définition officielle fournie par Wikipedia (je n'ai pas eu le courage d'aller ouvrir mon petit Robert), moi je voudrais juste dire qu'un jour férié n'est un VRAI jour férié que s'il est chômé. Sinon c'est nul. Quoique, vous me direz qu'il y a des gens qui aiment le Coca dégazé. Mais bon, que peut-on faire pour eux ? 

J'en profite pour ajouter qu'un jour férié n'a de sens que s'il tombe en pleine semaine. Nous avons eu, cette année et l'année dernière, des occurrences désastreuses de jours fériés qui tombaient en plein week-end. Je suis sûre que ça vous est, à vous aussi, resté en travers de la gorge. Le gâchis. L'énorme gâchis. A quoi bon avoir un 1er mai, un 14 juillet ou un 25 décembre qui tombent un dimanche ? A rien ! Puisque, de toute manière, on ne bosse pas le dimanche (enfin, en général). Vous vous souvenez le 1er janvier 2011 qui est tombé un samedi ? Non mais quelle arnaque, on a super bien commencé l'année. Grosse sensation de frustration et d'énervement, on regarde le calendrier de l'année prochaine pour vérifier qu'on ne se fera pas avoir à nouveau. Eh bien pas de chance, c'est encore pire, cette année le 1er janvier tombera un dimanche. Raté. Même joueur joue encore.

Ne nous le cachons pas : l'intérêt d'un jour férié, c'est de ne pas travailler. Et, tant qu'à faire, si ça pouvait tomber un lundi ou un vendredi, ça serait encore mieux comme ça on aurait un week-end de trois jours. Ce qui est un peu le rêve de la majorité de la population active française. N'ayons pas honte, non ce n'est pas de la paresse ou de la fainéantise, il n'y a pas de mal à se faire du bien et à glander un jour de plus par semaine. C'est vrai que les Français ont une sale réputation dans le monde du travail avec les collègues étrangers à cause de ça (je vous parle même pas des 35 heures ou des RTT) mais moi je l'assume. Un jour férié, c'est sacré. Et les traditions, ça se respecte.

La configuration idéale reste quand même le jour férié qui tombe un jeudi et qui implique, la plupart du temps, la prise d'un pont. Oh, un pont, qu'est-ce que c'est bon... Un pont, c'est quand l'entreprise qui vous embauche est assez généreuse (ou bénéficiaire)  pour vous donner votre vendredi. Ainsi, vous commencez votre semaine le lundi matin à 11h (après avoir bu trois cafés et raconté votre week-end à dix collègues différents) et vous la finissez le mercredi soir à 17h30 (faut pas que je sorte trop tard, j'ai pas fait le plein d'essence). Après, hop, vous pouvez vous barrer tranquillement avec le chien, les enfants et le monospace pour un week-end ultra prolongé (4 jours quand même, ça ne se refuse pas) chez vos parents, au Grau Du Roi, à Trouville ou ailleurs. Le principal étant que vous décampez loin de votre pavillon de banlieue et loin de votre bureau. Cerise sur le gâteau : vous êtes payé quand même. Si c'est pas beau.

Certains poussent parfois le vice plus loin et en profitent pour prendre le lundi suivant en plus (bon, ça devient un RTT du coup) et prolonger un peu plus le plaisir du long week-end. Pourquoi pas. Mais après, ça devient limite des vacances et c'est plus trop la même chose. Enfin, chacun fait comme il veut, je n'ai de leçon à donner à personne.

Mais bon. Les jours fériés, c'est pas forcément la grosse éclate.
Pour d'autres, les jours fériés c'est un peu la mort. Pour ceux qui n'ont pas eu la bonne idée de planifier un week-end à la mer ou à la campagne, un jour férié est juste synonyme de ça fait chier. Pas de magasins ouverts, tout le monde est parti, je sais pas quoi faire de ma journée et en plus il pleut dehors. C'est sûr, vu comme ça, le jour férié vend beaucoup moins de rêve. Si en plus on est le 11 novembre, le jour férié peut se transformer en journée rêvée pour se suicider. Ce qui est tout de suite carrément moins funky, j'en conviens. Mais il fallait bien en parler, car le mois de novembre est un peu le pendant maléfique du mois de mai pour les jours fériés.

Tout ça pour dire que le jour férié est un peu une institution. Dès qu'on achète un calendrier ou un agenda, on se rue sur le mois de mai (le mois porte-drapeau des jours fériés) pour vérifier qu'on va pouvoir s'en donner à coeur joie et on stabilote consciencieusement les jours où on aura l'immense bonheur de ne pas travailler. On regarde également les autres mois estampillés "week-ends prolongés potentiels" et, en fonction de la récolte, on commence bien ou moins bien l'année.

Enfin, une chose est certaine : un lundi férié évite la redoutable DDDS (déprime du dimanche soir). Et rien que pour ça, on peut remercier son calendrier.