Avez-vous remarqué à quel point un anniversaire est un événement paradoxal ? D'un côté, on a une sainte horreur de ce jour où tout notre entourage prend un malin plaisir à nous rappeler qu'on vieillit et, de l'autre, on reçoit plein de cadeaux. Étrange, non ?

L'anniversaire, c'était sympa quand on avait sept ans et que nos parents organisaient des goûters à la maison avec tous nos copains de classe. On avait à s'occuper de rien, juste à attendre que Papa prépare de chouettes chansons à passer, que Maman fasse un bon gâteau et que nos invités nous offrent la Barbie qu'on avait vue hier dans la pub. La belle vie. Et s'il restait des bonbons sur la table après le départ de tout le monde, on avait même le droit de les boulotter à notre guise.
 
Alors que maintenant, pour préparer une fête d'anniversaire, faut se lever tôt. Et pas question de demander aux parents. 
Déjà, lancer des invitations. Oui mais comment ? Prévenir les gens par email, par téléphone, par Facebook, par signaux de fumée ? Et puis, à quel moment les prévenir ? Si on s'y met trop tôt, ils vont oublier et s'y on s'y prend trop tard, ils auront déjà autre chose de prévu. 

Et puis on sait pas trop qui inviter. On aimerait bien que notre meilleur pote vienne mais on a pas trop envie de voir sa copine. On pourrait inviter ce collègue qu'on aime bien mais le pauvre ne connaîtra personne. Et quid de la famille ? On va pas zapper nos soeurs, quand même. Oui mais dans ce cas faut aussi qu'on invite nos cousins alors, sinon ils ne comprendraient pas. 

Et puis on la fait quand la fête ? Avant ou après notre date d'anniversaire ? Un vendredi soir ou un samedi soir ? Et on fait ça où ? On va au resto ou on reste à la maison ? Et à quelle heure on se retrouve ? Et on impose un dress code ou un thème ? Et nous, on s'habille comment d'ailleurs ?

Ça y est ? Vous aussi vous avez mal à la tête ? Ah, il n'y a pas à dire, c'était autrement plus simple dans notre enfance quand nos parents géraient tout...

Enfin, tout ça ce ne sont que des détails matériels. Un anniversaire, finalement, c'est juste le jour où on est né. C'est symbolique. C'est aussi l'occasion de vérifier que les gens qu'on aime y ont bien pensé (sinon, ils ne méritent pas qu'on les aime). Et c'est aussi la seule journée de l'année où on est en droit d'exiger que tout le monde soit gentil et souriant avec nous. Ça, c'est la classe. 

Et tous ces cadeaux... Remarquez, on en a quand même bien besoin. Ben oui, c'est vrai, prendre un an, d'un coup, comme ça, ça passe pas super bien, quoi. C'est même assez dur à avaler. Les cheveux blancs, les rides précoces, la vue qui baisse, la mémoire qui flanche, la peau qui devient moins ferme, les questions existentielles, le temps qui passe beaucoup trop vite... Mais pourquoi faudrait-il se réjouir en ce jour où on voit tout en noir ? Finalement, la vie est super mal faite : on nous oblige à être heureux alors qu'on serait bien mieux au bout d'une corde. 

Mais bon, malgré tout, les anniversaires, c'est important de ne pas les oublier. Et aujourd'hui c'est le mien... alors j'aimerais bien qu'on me le souhaite ! 
Anniv Noya par Nat Wood