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26 septembre 2011

Roch Hachana

Le nouvel an civil, pour la plupart des gens, ça commence le 31 décembre à minuit.
Cotillons, champagne et trois grammes d’Efferalgan pour la gueule de bois du lendemain.
Des bonnes résolutions qu’on ne tient jamais plus de 24 heures.

Pour nos amis chinois, c'est mi-février. 
Dragons, défilé dans le 13ème arrondissement et indigestion de nems.
L’occasion de réviser l’horoscope chinois (c’est bête mais moi je suis cochon, le seul signe pas cacher).

Pas de raison pour que, nous aussi, on n'en fasse pas qu'à notre tête, le nouvel an juif c'est en septembre. Généralement au milieu ou à la fin du mois, parce que D.ieu s'est dit qu'il fallait quand même laisser passer la rentrée et ses nombreuses contrariétés. Il est chic, D.ieu, il a vraiment pensé à tout. Donc, une fois que vous avez mis à la poubelle l'interminable liste de fournitures de vos rejetons qui vous aura fait cauchemarder pendant des semaines (pourquoi faut-il des crayons 3B ET des rayons HB2 ? Mais où sont les cahiers petits carreaux avec marge et double interligne?), vous avez enfin l'esprit libre pour Roch Hachana. Cette année, ça tombe vraiment à la fin du mois, dans deux jours très exactement : les 28 et 29 septembre. Vite vite, notez ça dans votre agenda Moleskine ! 

Roch Hachana, ça veut dire littéralement Tête de l’année. La traduction est plutôt claire. Vous allez donc pouvoir prendre un peu de temps pour réfléchir à vos actes de l’année qui vient de s’écouler car c’est maintenant que vous allez vous faire juger par D.ieu. Pourquoi ? Parce que cette fête est aussi appelée Yom Hadin, c’est-à-dire Le Jour du Jugement. Ah ouais, ça fait peur, hein ? Le premier de l’an et les soi-disant bonnes résolutions à côté, c’est du boulou. Là, pas question de faire des promesses qu’on ne tiendra pas, c’est D.ieu en personne qui va regarder à la loupe toutes les choses que vous avez faites, bonnes ou mauvaises, et qui va décider de votre sort.

Mais comment fait-il, vous demandez-vous ? Eh bien c’est très simple. Il est assis sur son trône d’or (plus solide que les chaises Börje de chez Ikea) et il a devant lui un très gros livre ouvert. Ce livre, ce n’est ni le Petit Robert, ni l’annuaire des Pages Jaunes, c’est juste le livre où est écrite l’histoire des êtres humains. De chacun d’entre nous. Donc, de la vôtre aussi. N’essayez pas de vous planquer, vous y êtes fatalement. Tout ce que vous avez fait depuis un an y est soigneusement consigné. Oui oui, même cette fois où vous avez mangé en loucedé un pot entier de tarama. Ou cette fois où vous avez fait pipi sous la douche. Ou ce jour où vous avez quitté le boulot à 17 heures. Pardon, j'arrête de vous accabler, j'ai moi-même un souci d'addiction au tarama (surtout celui avec des oeufs de truite).

Et donc, en fonction de tout ce que vous avez fait, D.ieu va déterminer si vous méritez ou non de passer une bonne ou une mauvaise nouvelle année. Par exemple, si vous avez été d’une gentillesse exemplaire toute l’année (doux comme un agneau, docile comme un mouton), vous serez heureux. En revanche, si vous avez été une teigne, vous allez en chier.

Mais comme dans la vie tout n’est pas tout noir ou tout blanc, D.ieu se retrouve la plupart du temps à lire les histoires de gens qui ne sont ni complètement gentils, ni complètement méchants. Et du coup, c’est moins facile de juger. C’est pourquoi il s’accorde 10 jours de réflexion pour bien étudier la question. C’est ce qu’on appelle la période des 10 Jours de Pénitence. Décidément, pénitence, jugement, vous remarquerez que le champ lexical est limite judiciaire. Mais que voulez-vous, il faut bien être un peu sérieux de temps en temps. Et je vous rassure, il n’est nulle part question de peine de prison ou d’amende. C’est la religion, pas le tribunal (quoi que…) !

Et donc, au bout de ces 10 jours, D.ieu choisira ou non de vous pardonner. Ce jour-là, c’est... Yom Kippour ! Bravo, vous avez tout compris.

Mais nous en parlerons de Kippour un peu plus tard car c'est pas encore le moment. Et avant ça, on va avoir de la symbolique culinaire à traiter. Alors rendez-vous dans trois jours pour parler de gastronomie ! D'ici là, tenez-vous à carreau...

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