Maintenant que les normales saisonnières sont revenues, je vais enfin pouvoir vous parler de l'automne. Je ne vous cache pas que je serais volontiers restée avec Joe Dassin à marcher sur une plage (un peu comme celle-ci) mais force est de constater que la période de grâce est bel et bien terminée. Maintenant on ne plaisante plus, on est en automne, le vrai, le pur, le dur.

L’automne, donc. Déjà, qu’est-ce que c’est que cette orthographe bizarre ? Pauvre petit M mis de force sur le banc de touche, il n’a pas le droit d’exister et se demande pourquoi on l’a glissé entre le O et le N alors qu’il avait rien demandé à personne, il était bien mieux entre le E et le P de « printemps », lui. Déjà, rien que ça, c’est une mauvaise entrée en matière.

Mais ce n’est pas tout ! Les jours qui avaient déjà commencé à raccourcir en rajoutent une couche. Et avouons que ça s’accorde plutôt bien avec les températures trop basses, le vent qui décoiffe et les nuages qui font des réunions Tupperware dans le ciel quasiment tous les jours avec la pluie en invitée d’honneur de temps à autre. Les feuilles des arbres qui tombent aussi bas que notre moral puis qui se mélangent à la pluie pour nous faire glisser dans la rue, les bottes et les manteaux chauds qu’on ressort du placard, le petit rhume vicelard qui vient s’incruster pour compléter ce réjouissant tableau… Mais que demander de plus ? Un peu d’arsenic à mettre dans notre chocolat chaud, peut-être… ça ira mieux après.

Mais non, il faut être courageux et affronter ces dures épreuves. Et puis, c’est pas comme si on le savait pas, tous les ans c’est la même chanson : après l’été vient l’automne, c’est comme ça, c’est l’imperturbable cycle des saisons et nos rouspétances n’y changeront rien, qu’on se le dise ! Et puis ce sera pas mieux après, cela dit ! L’hiver, le trio infernal gants/écharpe/bonnets, la facture qui fait des bonds de cabri à cause du chauffage, la neige… Mais nous en parlerons le moment voulu, pour l’instant on va gentiment se contenter de ce qu’on a, merci bien.

Que faire, donc pour sortir de cet état de disgrâce ?

La meilleure solution reste de faire comme les marmottes : mettre du chocolat dans du papier d’alu hiberner. Pas sûr que votre boss soit ravi mais ça coûte rien d’essayer, non ? Allez, bonne chance.

Il a refusé ? Alors vous pouvez faire comme les oiseaux migrateurs : vous offrir une ou deux semaines de vacances dans un pays chaud. Le retour sera douloureux mais au moins vous aurez kiffé la vibes quelques jours. Bonus : vous aurez rendu tous vos collègues jaloux. Et ça, ça n’a pas de prix.

Pas d’argent pour partir ? Dans ce cas-là il ne vous reste plus qu’à faire comme les paresseux : attendre que ça passe puisque, de toute manière, ça finira forcément par passer un jour. Par contre, ne restez pas trop longtemps accroché en cochon pendu à votre branche, vous allez finir par attraper des crampes.

Si malgré tout ça vous n’allez toujours pas mieux, il ne reste qu'une seule solution : vous résigner. Je sais que c'est très défaitiste comme attitude mais vous n'avez pas trop le choix. Courage, je suis de tout coeur avec vous !

 L'automne par Nat Wood