Avant, il y a longtemps, quand on entendait le mot box, on s'imaginait qu'il y avait un E à la fin et on pensait au sport qui fait mal, celui avec les gants aux poings et qu'on pratique sur un ring. Et puis on a compris que le mot existait sans E et qu'il pouvait désigner un emplacement de parking. On a suivi des cours d'anglais et on a découvert que, dans la langue de Shakespeare, ce petit mot de trois lettres voulait dire boîte. On a bien retenu cette traduction, même si ce n’est pas ça qui nous a permis d'avoir une mention au Bac. Et puis le mot a progressivement sombré dans les bas-fonds de notre cerveau, il faut dire qu’on ne s’en servait pas tous les jours.

Et un jour, Free est arrivé et a révolutionné notre manière de consommer de l'Internet avec sa Free Box. Littéralement, la boîte libre ou encore boîte gratuite. La nouveauté n’était pas que c'était gratuit (sinon Xavier Neil serait ruiné à l'heure qu'il est) mais que ce n’était pas cher du tout. Alors tout le monde ne parlait plus que de la Free Box. Et celui qui avait le malheur de prendre un forfait Internet chez SFR ou Orange passait pour un gros blaireau. Alors tous les opérateurs ont eux aussi succombé à l'appel de la Box. LiveBox, NeufBox, Darty Box... c'était devenu un vrai match de box(e). L'histoire aurait pu s'arrêter là mais en réalité, elle venait à peine de commencer.

Quelques années plus tard, la SmartBox et la WonderBox ont fait leur apparition sur le marché. L'idée était simple mais lumineuse : quand on ne savait pas quoi acheter à quelqu'un pour son anniversaire ou pour Noël parce qu’on n’avait aucune idée ou parce qu’on n’aimait pas la personne on passait à la Fnac acheter un de ces charmants petits coffrets contenant au choix : un dîner dans un resto tibétain, une heure de massage dans un SPA, un forfait Châteaux de la Loire et autres prestations alléchantes. Un véritable soulagement qui, depuis tout ce temps, règle les éternels problèmes de cadeaux communs. 

Et puis la tendance s'est féminisée. Avec la Jolie Box qui permet de recevoir par colis (moyennant un abonnement de 10 euros mensuels) des échantillons de cosmétiques de grande marque chez soi une fois par mois. Avec My Little Box qui vous envoie à la même fréquence une boîte surprise avec des produits de beauté, des accessoires et des gadgets autour d'un thème défini. Les box ont fleuri comme des pâquerettes. Même le magazine Cosmopolitan a créé la sienne. Autant dire que le marché est saturé. 

On aurait pu en rester là mais aujourd'hui, quand on regarde l'offre, force est de constater qu'il existe une box et cinquante concurrentes pour tout et pour n'importe quoi : Candyscovery qui vous livre des bonbons au cas où vous auriez la flemme de descendre chez Monop', Dandy Box qui s'occupe de votre mari mal rasé au cas où il devrait aller chercher un Oscar à Hollywood, Eat Your Box qui vous envoie des vivres chic et tendance au cas où vos gosses en auraient marre des plats tout prêts Picard, VineaBox pour recevoir trois bouteilles de vin, Envouthé pour changer du Lipton jaune, Tiniloo pour votre nouveau-né... Les box savent même faire preuve de mauvais goût, à l'instar de Panty by Post qui vous fournit en petites culottes et Ma Sexy Box qui se charge de vous transformer en Dita Von Teese de deuxième main. Autre chose ? Woufbox pour votre chien et Miaoubox pour votre chat. Il n'y a plus de limites au phénomène.

Puisque nous avons atteint ce point de non-retour, moi je propose qu'on imagine de nouvelles Box : la Déprime Box avec un CD de chansons tristes, un paquet de mouchoirs quadruple épaisseurs et une tablette de Prozac. La Ex-Mari Box avec des fausses pilules de Viagra, des chaussettes avec poil à gratter intégré et un après-rasage allergène. La Métro Box avec des boules puantes pour enfin avoir de la place dans le wagon. 

Alors, vous êtes emballé ?