S’il y a bien une chose qui est censée représenter la gastronomie française dans le monde - à part le fromage - c’est la baguette de pain. Vous avez remarqué ? Dès qu’il y a une scène en France dans un film non-français, le réalisateur se sent toujours obligé de caser dans son plan : la Tour Eiffel ou l’Arc de Triomphe, une nana avec des Dim’Up, un mec à une terrasse de café, un verre de vin, un air d’accordéon ou une chanson d’Edith Piaf et… une baguette. La sacro-sainte baguette, cette légende parisienne qui fait rêver les touristes mais qui présente quand même le gros défaut de sécher et durcir plus vite que son ombre. Et c’est bête pour les touristes car il existe plus gourmand que la baguette. Plus petite, plus ronde, plus sucrée, plus chou : la chouquette.

La chouquette. Cette petite chose moins calorique que le croissant, plus discrète que le pain au chocolat, plus légère que le chausson aux pommes et moins connue que la brioche à tête à laquelle on devrait penser plus souvent. 

Légère, fondante, pleine d’air et de bonne humeur, elle ne fait pas de miettes. D'ailleurs, c'est un peu elle la star dans les boulangeries. Chouchoute du pâtissier, c'est elle qui occupe la meilleure place sur l'étalage, juste à côté de la caisse. Les religieuses au chocolat sont jalouses de son poids plume, les éclairs au café sont tous amoureux d'elle, les Paris-Brest rêvent de l'emmener en voyage, les viennoises tentent de s'en faire une amie... Même ce grand timide de fraisier a déjà essayé de l'inviter à aller boire un chocolat à la fin de la journée. Mais après tout, comment lui résister ? Rien que son nom donne faim. Un petit chou avec sa terminaison en « ette », on est obligé de craquer. D’ailleurs, vous connaissez des gens qui n’aiment pas ça ? Moi, non.

La chouquette, c’est un petit sachet en papier bien fermé qui n’est même pas gras parce que la chouquette est une des rares viennoiseries à ne pas être faite à base de pâte feuilletée. 
La chouquette, une amie qui ne veut pas de mal à notre régime.

La chouquette, c’est le souvenir de notre mère qui venait nous chercher à l’école à 16h30 et qui avait envie de nous faire plaisir avec 100 grs de pâte à choux et du gros sucre. Grand sourire et goûter délicieux assuré, bisou collant en prime pour notre maman.
La chouquette, c’est notre madeleine de Proust d’écolier.

La chouquette, c’est le meilleur moyen de demander sans risque une augmentation à notre chef ou de négocier une semaine de vacances supplémentaire. Essayez d’en apporter au bureau, vous verrez que tout le monde va vous aimer. Même votre collègue antipathique de la compta, il va tout de suite se réveiller et se souvenir de votre prénom.
La chouquette, c’est la bonne ambiance assurée dans l’open space.

La chouquette, c’est l’assurance de se retrouver avec des gros grains de sucre autour de la bouche, dans les cheveux, sur la chemise et plein les doigts. Bref, partout mais pas dans la bouche en fait. On peste, ça nous énerve, alors on en prend une autre en espérant que cette fois-ci les grains atterriront là où il faut. Mais ça marche jamais.
La chouquette, c’est à chaque fois un jeu de la manger.

La chouquette, c’est l’une des rares choses qui se mange obligatoirement à plusieurs. On se voit mal rentrer dans une boulangerie et ressortir avec un pauvre petit chou tout seul qu’on avalera dans son coin. Non, la chouquette ça s’offre, ça se partage. C’est convivial et festif. C’est pour ça que ça s’achète aux 100 grs.
La chouquette, c’est une gourmandise 2.0.

La chouquette, finalement, c’est un peu comme un membre spécial de la famille, comme une petite sœur qui habite à l’étranger. On la voit pas beaucoup mais on se réjouit dès qu’on sait qu’on va la retrouver, elle est trop mignonne, on a envie de la croquer, on partage avec elle des moments pleins de tendresse, on aimerait être avec elle plus souvent, penser à elle illumine nos journées et nous donne envie de chanter…

D’ailleurs en parlant de famille, vous connaissez peut-être la cousine de la chouquette ? Son homologue salée, souvent au fromage, hyper bonne à l’apéro mais qui a un nom carrément moins sympa. Eh oui, gougère  ça rime avec « mégère »… Raison de plus pour n’en faire qu’une bouchée !