Deux fois par an, il y a un truc super chiant auquel on ne peut jamais échapper. Non messieurs, je ne parle pas des soldes. Je parle du décalage horaire. Ou plus précisément du passage à l'heure d'hiver et à l'heure d'été. C'est vrai que ces deux appellations sont jolies. Pour l'heure d'hiver, on visualise bien un gros fauteuil, un plaid épais et une bonne tasse de chocolat chaud. Et pour l'heure d'été, on s'imagine bien en train de faire la sieste dans un champ. Beaucoup de poésie, en somme.

Sauf qu'en réalité, c'est loin d'être aussi idyllique. C'est plutôt super mal fait. À la base, c'est juste une histoire d'économie d'énergie. La raison : profiter plus longtemps de la lumière naturelle. Sur le papier, on se dit que c'est une idée qui n'est pas bête. Alors pour ça, en hiver on recule d'une heure et en été on avance d'une heure.

Déjà, le truc qui est louche dans cette histoire, c'est que le changement s'effectue toujours à 3 heures du matin dans la nuit de samedi à dimanche. Comme si on avait que ça à faire de se lever en plein milieu de la nuit pour aller changer d'heure et aller se recoucher après, l'esprit serein et les yeux explosés. Non, on fait ça le lendemain en se réveillant.

En hiver, on est toujours heureux parce que - attention, expression à la con - "on gagne une heure de sommeil". Sérieusement, vous avez déjà une seule fois échappé à cette phrase ? Personnellement, non. À croire qu'on est tous en grave manque de sommeil et que cette heure de bonus qu'on nous accorde tous les ans est une bénédiction divine. Faut pas déconner non plus. Et le pire, c'est qu'on ressent même pas ça de la manière qu'on voudrait. Au lieu de nous sentir reposé, au contraire on a l'impression que les journées se traînent et durent des plombes. Et cette nuit qui tombe à 17 heures, quelle angoisse ! Du coup, on est encore plus fatigué et on aurait limité préféré perdre une heure.

Au moment où arrive le passage à l'heure d'été, c'est l'inverse. On sait que, quand on se réveillera le dimanche matin, on se prendra une heure de décalage horaire en moins direct. Alors oui, c'est vrai que ce n'est qu'une heure, 60 petites minutes... ça n'a l'air de rien mais ça chamboule une journée d'une de ces manières ! Encore plus décalqué qu'après un vol Paris/Tokyo, on a le sentiment qu'on a pas vu le dimanche passer. Et la DDDS n'en est que plus terrible.  Bon, c'est vrai qu'il fait jour plus longtemps. Du coup, même si on quitte le boulot à 20h30 le lundi suivant, il ne fait pas encore totalement nuit noire. Ça c'est sympa. Mais ce qui est moins sympa, c'est la semaine nécessaire pour se remettre de cette heure perdue. Et puis vous avez remarqué, pendant cette période, on ne sait que parler de ça.

On est fatigué ? C'est à cause du passage à l'heure d'été. On a du mal à travailler, on a du mal à s'endormir, on a du mal à se réveiller, on a mal au crâne ? On a envie de massacrer nos collègues ? On est irritable ? Susceptible ? Cherchez pas, tout ça c'est à cause de cette maudite heure en moins. On est tellement fragile, un rien nous affecte.

Mais tout ça finalement, c'est un peu comme les mises à jour de Facebook : au début on a du mal, ça nous énerve et on perd nos repères mais on finit toujours pas s'y habituer et ne plus remarquer de différence. Non, le VRAI souci, c'est qu'il faut changer l'heure PARTOUT. À une certaine époque, c'était pas grand chose. La montre, la pendule du salon et on retournait vaquer à ses activités tranquillement. En trois secondes c'était réglé. Alors qu'aujourd'hui, c'est loin d'être aussi simple.

Déjà, qui ne possède qu'une seule montre ? Plus on en a, plus on va s'amuser. Ensuite il y a l'horloge au salon, celle de la salle de bains, le micro-ondes et le four à la cuisine, le téléphone fixe, l'iPod, le réveil. Mais les technologies évoluent et il y a de plus en plus d'appareils intelligents qui passent à l'heure d'été tout seuls, sans qu'on leur demande. Et quand on ne le sait pas et qu'on fait le réglage manuellement, on se retrouve bien bête avec non pas une mais bien deux heures de décalage. Bravo. Et parfois, ça fait disjoncter notre iPhone qui oublie de nous réveiller le lendemain matin. Un vrai bonheur !

Enfin, tout ça c'est quand on n'oublie pas. Car oui, il nous arrive parfois d'avoir des absences... et de faire l'impasse. Et comme par hasard, ça tombe juste le jour de l'anniversaire de notre petit neveu et on est pas du tout embarrassé en arrivant avec une heure de retard au déjeuner. Surtout quand on a une famille alsacienne qui ne plaisante pas avec la ponctualité et qui nous demande comment on a bien pu faire pour ne pas y penser quand on sait que "ça fait une semaine qu'ils en parlent aux infos".

Le passage à l'heure d'été c'est demain, ne l'oubliez pas ! Alors bon courage pour les réglages et que notre heure de sommeil perdue repose en paix. Si ça peut vous rassurer, dans six mois on la récupèrera !